Causerie : Théories et leur limite face à la perspective non-dualiste

Question : Que diriez-vous à ceux qui trouvent que votre perspective sur le non-dualisme soit trop théorique, soit trop difficile à mettre en pratique dans la vie quotidienne.

Réponse : Cette perspective est la moins théorique qui soit ; théorique signifie « fondé de concepts ». Le non-dualisme conduit à un agnostique absolu. Il est par conséquent radicalement non théorique. Du fait que le sage ne s’embarrasse d’aucune théorie, son point de vue est éminemment pragmatique. Confrontés à la perspective non-duelle, ceux qui ont été conditionnés à comprendre en termes conceptuels, progressent d’un concept à l’autre, sont incapables de trouver un concept auquel se raccrocher. Et ils attribuent leur incapacité à comprendre à la complexité ou au caractère théorique de la perspective non- duelle. Le seul obstacle réside en leurs propres croyances, théories et habitudes, qui les empêchent d’avoir une expérience directe de leur nature véritable.

Ne nous faisons aucun souci si nous ne comprenons pas tous les arguments qu’emploie l’instructeur pour expliquer cette perspective, car chacun d’entre eux est une facette, un aspect de « la vérité unique ». N’importe lequel de ces chemins conduit à l’ultime. Nous avons besoin d’en prendre qu’un seul pour nous y mener et y demeurer. Avec le temps, au fur et à mesure que nous nous établissons dans la vérité, toutes les questions trouvent leur réponse définitive.

Exemple : « Du haut de la montagne, lorsque le regard se porte vers les vallées environnantes, nous pouvons distinguer tous les sentiers conduisant au sommet. Celui que nous avons emprunté et bien d’autres que nous aurions aussi pu prendre. »

Pour en revenir aux théories, une approche théorique ne conduit jamais à une réponse satisfaisante à quelque question que ce soit.

Question : Pour ceux qui sont empêtrés dans des présuppositions théoriques, ont-ils commis une erreur en pensant que la perspective non-duelle est pour eux difficile à saisir ? Il ne me paraît pas facile de transcender des concepts.

Réponse : C’est très difficile. En fait, il est impossible à l’ego d’avoir une compréhension nette de cette perspective au niveau mental ; mais il est aisé d’accéder à cette compréhension par le cœur. Alors nous pourrions dire « laissons notre cœur être notre guide ». Tout ce qui nous procure un éclair de compréhension joyeux, chérissons-le ; ne partons pas du côté négatif, du « je ne comprends pas ». Commençons par ce que nous comprenons, ce qui nous rend heureux. Il n’est nul besoin de tout comprendre, car il n’y a qu’une seule chose à comprendre vraiment : « Notre centre profond immuable ». Nous seul, pouvons-nous comprendre nous-mêmes. Nous ne pouvons pas nous voir, nous ne pouvons pas nous penser, parce que nous sommes ce qui voit, ce qui pense. N’est-ce pas simple ?

Question : Toutefois, les situations de la vie sont loin d’être simples. Elles s’enchaînent rapidement, sont le plus souvent difficiles et complexes. Comment suivez-vous votre cœur au milieu d’elles ?

Réponse : Dans ce cas, ce que je dis n’est pas simple. Pour les personnes ayant leurs propres concepts qu’ils ont d’eux-mêmes et du monde, ce n’est pas simple. La perspective non-duelle doit à ce moment-là être expliquée dans leur propre langage : par la logique aux intellectuels, par la beauté aux artistes, et ainsi de suite. L’instructeur, ayant établit un pont de cette manière pour communiquer à leur propre niveau, les ramènera pour finir à la simplicité. Mais l’âme pure, le chercheur sincère, vit cette simplicité directement dans son cœur, presque immédiatement, sans qu’il soit besoin d’un long raisonnement.

 

                                                   D’après les textes de l’ouvrage « Le sens des choses » de Francis Lucille

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