Causerie sur le bonheur

Causerie sur le bonheur

 

Question : Que répondre à quelqu’un qui a du mal à accepter que la joie est sa nature réelle, alors qu’il est malheureux la plupart du temps ?

Réponse : Sans l’intuition de l’existence de la joie, il ne saurait se savoir malheureux, car le malheur se réfère directement au bonheur. Pour prendre conscience de son malheur on doit déjà connaître le bonheur.

Question : Ou pourrait-il dire « avoir connu le bonheur » ?

Réponse : Même dans ce cas il doit rester un résidu de bonheur, non comme souvenir dans sa mémoire, mais comme présence réelle, qui lui permet d’éprouver sa présente insatisfaction ; sinon, son expérience serait celle d’un état neutre.

Question : Pourquoi sa présente insatisfaction ne proviendrait-elle pas de la prise de conscience de la différence entre des moments de bonheur passés et un présent dénué de joie ?

Réponse : Parce que la mémoire ne se rapporte qu’à des objets, à des évènements, alors que le bonheur, n’étant objectif, n’est pas mémorisable. Exemple : La cause supposée de mon insatisfaction présente est le prix prohibitif d’une voiture de sport exposée chez le concessionnaire. Mais comme je n’ai jamais possédé une telle voiture, le souvenir de moment heureux au volant ne saurait être la raison foncière de mon insatisfaction présente. Une enquête approfondie s’avère nécessaire.

Notre insatisfaction ne dérive pas de l’absence de l’objet désiré mais d’une autre source, d’un impérieux sentiment de manque venant du tréfonds de notre être, le manque de quelque chose d’inconnu, mais néanmoins pressenti.

Si nous accueillons cette sensation complétement, au lieu de réagir d’une manière compensatoire comme de coutume en sortant, allant au cinéma, en téléphonant à un ami(e), etc… Essayant ainsi d’échapper à la situation présente, nous verrons cette sensation perdre peu à peu de son dynamisme et se transmuer en une paix sereine qui n’est plus une expérience objective. Cette tranquillité provient directement de notre vraie nature, elle a toujours été disponible.

Notre sentiment de manque n’était autre qu’un rappel du soi profond nous attirant à lui pendant que nous cherchions désespérément le bonheur à l’extérieur, dans le monde des objets. Lorsque nous comprenons ce processus, et lorsque nous nous ouvrons à notre centre profond, ce manque, comme par magie, se transforme en félicité sans cause.

« Nous sommes tous autant que nous sommes, la joie même, cette présence consciente »

 

                                                       D’après les textes de l’ouvrage « le sens des choses » de Francis Lucille

 

Taraco 03

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