Ego, non-ego, dualité, non-dualité, conscience, conscientisation

causerie au sujet de l'ego

 

Question : Selon la théorie psychanalytique, la fonction de l’ego est de nous mettre en rapport avec la réalité extérieure. Nous avons entendu d’autre part qu’il n’y a point de réalité de ce genre. Qu’advient-il de l’ego dans cette perspective ?

Réponse : Cette définition de l’ego perd alors tout son sens. Nous définissons l’ego comme un concept provenant de l’expérience du « je suis », existence pure dénuée d’attributs, certitude absolue d’exister. Lorsque nous conceptualisons cette expérience, nous la nommons « je » ou « je suis ». Il n’y a rien de problématique dans le concept de « je suis », l’ego n’entre en jeu qu’à partir du moment où nous disons : « je suis ceci ou cela ». Exemple : je suis un homme, je suis un parent, je suis … etc. Là, nous surimposons une limitation à quelque chose qui, jusque-là, était sans limite.

La première étape de ce processus était la création du concept « je suis », qui fait directement référence à notre expérience la plus intime. Aussi longtemps qu’aucun attribut n’est ajouté à ce concept, tel « je suis un homme … je suis une femme … je suis heureux ou malheureux … etc. » ce concept ne peut se maintenir et nous ramène à l’expérience intime de « je suis » ; là, nous demeurons chez nous, si l’on peut dire. Mais dès l’instant où nous nous disons « je suis ceci ou cela », nous créons une fracture de la réalité

Question : On pourrait le voir comme la différence qu’il y a entre le « moi » et le « non moi » ?

Réponse : Exactement. Car si je suis « cela » je ne suis pas « pas cela ». Il y a quelque chose que je ne suis pas. J’ai assigné une limite, un contour de mon être. Il définit deux domaines distincts, créant ainsi la dualité.

Question : Ainsi l’ego est la première distinction de la quelle surgissent toutes les autres ?

Réponse : Précisément. Cette distinction, l’ego, la pensée dualiste, qui est dépourvue de fondement réel, crée le pluralisme.

Question : Comment quelqu’un peut-il savoir que le désir de connaître la vérité n’est pas une tentative de l’ego visant à se perpétuer ?

Réponse : Un réel désir pour l’absolu, pour l’impersonnel, ne vient pas de l’ego. Lorsque nous sentons en nous un engagement sincère qui implique la totalité de notre existence, ce n’est pas l’ego. Un tel désir n’est pas confiné à notre vie intellectuelle, mais se manifeste dans tous les actes et décisions de la vie quotidienne : le type d’activité à laquelle nous nous livrons, la manière dont nous nous conduisons avec nos enfants, notre conjoint, nos ami(e)s. Cela à un profond impacte sur nous. Notre propre sincérité, la qualité de notre désir nous sont parfaitement connus.

Question : Et la possibilité d’une poursuite intellectuelle, orchestré par l’ego, qui accapare la plus grande partie de notre vie. On peut passer le plus clair de son temps à étudier ce sujet par simple intérêt académique.

Réponse : Ce qui compte, c’est la motivation. Si ce qui motive le chercheur est l’absolu même, la recherche est sincère. Si le but est d’être reconnu comme un expert en non-dualisme, de faire de l’argent ou d’être admiré par autrui, bref, s’il y a une motivation à caractère personnel, la sincérité fait défaut.

L’être épris de vérité n’a qu’un but :

« La vérité même. Cette motivation ne vient pas de l’ego, la vérité pulvérise l’ego. Comment l’ego pourrait-il désirer son propre anéantissement ? »

 

                                           Texte extrait de l’ouvrage « le sens des choses » de Francis Lucille

 

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