Causerie: approche de la vérité

 

 

Question : Pourrions-nous aborder la différence entre l’approche graduelle et l’approche directe de la vérité ?

Réponse : L’approche progressive se fonde sur la supposition que nous ne sommes pas la vérité et que nous pouvons l’atteindre ; que quelque chose qui n’est pas la vérité peut atteindre la vérité, peut graduellement se changer en vérité ; qu’une progression vers l’intemporel peut s’accomplir dans le temps.

Etant donné que la vérité ultime est notre nature véritable, la conscience, nous ne pouvons en direction de ce que nous sommes déjà. Chaque pas, dans quelque direction que ce soit, nous en éloigne.

A l’évidence, la voie progressive ne peut être suivie que par une entité individuelle qui, s’améliorant, se purifiant et s’amenuisant graduellement, se rapprocherait du but pas à pas. Il s’agit là bien sûr d’un mauvais tour joué par l’ego.

Question : Cela ressemble au genre de progrès que nous effectuons dans d’autres domaines, lorsque nous emmagasinons des informations ou développons des capacités nouvelles. Mais si nous y regardons de plus près, c’est en fait prétendre à la possibilité d’un long suicide délibéré de l’ego, ce qui tout à fait absurde !

Réponse : Oui. Du point de vue de l’ego, il s’agit d’une progression vers sa propre mort. L’ego ne peut comprendre le bonheur qu’objectivement, comme un état à atteindre dans le futur.

Question : Diriez-vous que devant un élan sincère pour la vérité, une des défenses les plus efficaces de l’ego consiste à prendre cet élan en charge, et à protéger sa propre existence en s’engageant délibérément dans un long mouvement en direction de la vérité, un lent suicide ?

Réponse :  Exactement une aperception authentique de l’ultime ébranle l’individualité du chercheur dans sa totalité, accroissant clarté, sincérité et détachement. Un tel acte de grâce est hors de portée de l’ego. Par la suite, blessé à mort et luttant désespérément pour sa survie, il tente encore de nous tromper en prétendant qu’il est l’auteur de l’expérience, et en tentant de s’en décerner les lauriers. En fait, le seul service que puisse nous rendre l’ego, c’est de débarrasser le plancher.

Le seul véritable agent de libération est l’ultime, qui attire le chercheur vers son Soi véritable. La voie directe est fondée sur la compréhension que toute voie progressive est ultimement vouée à l’échec. Par la suite, le mental devient silencieux et tranquille, car il ne lui reste aucun but à poursuivre. Ce silence, c’est l’absence de l’ego, est ouverture à l’inconnu, à la grâce.

 

                                                          D’après l’ouvrage « le sens des choses » de Francis Lucille

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire