Une absence extraordinaire

 

La vie est un mouvement unique, parfois bruyant, violent, parfois féroce, parfois tendre, léger comme une plume. La vie rugie, parfois elle murmure, mais elle est toujours en mouvement. Au cœur du mouvement, pas d'origine, pas de point de référence, de centre, pas de cœur du tout. Si la vérité doit être dite, mais la vérité ne peut jamais être dite.

Ces mots qui essayent de dire la vérité indicible, font eux-mêmes partis de ce mouvement infini, de cette vie inexprimable qui nourrit et meut toutes choses dans leur totalité. La vie est mouvement, son origine est mouvement. Son origine est elle-même.

La vie n'a pas de centre, car elle n'a pas de circonférence. Elle finit, ni ne commence nulle part. C'est une expression spontanée du vivant qui se passe maintenant, maintenant et maintenant, ne laissant aucune trace d'elle-même, ne projetant rien dans le futur, ne cachant rien, se donnant totalement et entièrement, et s'épuisant elle-même dans cette expression, sans rien laisser. C'est tout, et pourtant rien.

La vie ou ce que nous appelons « la vie » -est totalement au-delà du mental, trop vivante pour le mental, trop libre, trop totale pour lui et cette expression si totale et complète, dont nous ne sommes jamais séparés, survient constamment. La vie se projette elle-même encore et encore pour créer l'illusion d'un monde, pour nous offrir ce rêve merveilleux de la vie éveillée. Bien sûr, la vie ne fait rien du tout, il n'existe pas d'événement, de personnes, de lieux séparés et donc rien de séparée n'a jamais eu lieu. Depuis le big-bang, et même avant cela, il y a toujours eu qu'un événement séparé des autres, même si l'illusion est très bonne – l'illusion est ce que l'on pourrait appeler « moi ».

Ceci appréhendée, comme des nouveau-nés nous voyons toujours ceci pour la première fois. Ceci n'a pas besoin d'être défendu, n'a plus besoin d'être prouvé où d'être discuté. Il est sa propre défense, sa propre preuve. Personne ne peut argumenter avec ce qui est, mais certaines personnes, le peuvent, ils le font, et c'est le malheur d'une vie entière. Lorsqu'il n'y a plus d'arguments, « ce qui est » est toujours suffisant, plus que suffisant.

La vie est une offrande, elle s'offre maintenant, maintenant et maintenant. Elle offre les visions, les odeurs et les sensations présentes et ne nous demande rien. Pourtant, nous passons nos vies à vouloir tellement plus. Voilà notre malheur. En absence de cela, il n'y a que ceci, ce qui a toujours été, juste ce qui se présente maintenant, ce qui émerge de la Source, ce qui se manifeste hors du non connu, et depuis toujours nous n'avons que ceci et rien de plus.

Si nous pensons rejoindre la Source personnellement, pour atteindre ainsi la libération, nous courons après notre queue pour le reste de notre vie. Nous ne pouvons atteindre la libération, nous éveiller, car ceci est déjà complètement éveillé, complètement entier et complet, et c'est seulement dans le rêve de la séparation que la recherche semble avoir une validité. Avec l'effondrement de la recherche, le miracle se révèle, c'est la vie elle-même et la vie elle-même a toujours été un miracle.

Nous ne pouvions le voir, nous étions trop occupés à être quelqu'un, à essayer de devenir quelque chose, essayez d'être bon, de comprendre, de réussir ou même essayer de ne pas essayer.

Avec la claire vision de ce miracle, tout cela est complètement dépassé, avec la vision qu'il n'y a que ceci, avec l'éveil si choquant car si simple du rêve de la séparation, il y a une mort et cette mort comme le dit Jésus, est le seul salut. Lorsqu'il n'y a personne, il n'y a pas de vacuité vide, d'espace noir isolé et sans joie, dénué de toute qualité. Cette vacuité est pleine, elle éclate de vie : le grondement de la mer ou de l'orage, le chant des oiseaux, le vacarme des torrents dévalant la montagne… Etc. La vacuité est plénitude, totalement vivante, elle est la vie dans toute sa magnificence, c'est la liberté que le soi-disant « individu » ne pourrait jamais, jamais trouver.

En cela, tous les concepts du monde se dissolvent. Ils sont vus pour ce qu'ils ont toujours été : des mots, simplement des mots. Au-delà des mots c'est une histoire d'amour avec la vie, tendre, douce-amère, sans mot, une vie qui est donnée maintenant, librement, pour être vue, simplement pour être vue.

Cette libération, cet amour, celle de tendresse, cette innocence ne seront jamais mis en mots, jamais transmis ou capturés. Et pourtant, c'est tout ce qui est, apparaissant partout, étant toujours toute chose, ne rejetant rien et nous embrassant ou embrassant ce que nous considérons être à chaque instant.

« La vie est l'unique miracle, il n'y en a pas d'autre. L'absence extraordinaire est la présence parfaite, le rien est tout, et en cela, tout est résolu. »

 

                                                                                                     D’après l’ouvrage « Une absence extraordinaire de Jeff Foster

 

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